Ca doit surprendre qu'un sympathisant de gauche dise ça, mais je suis contre, archi-contre un vote du Parlement sur la question des frappes éventuelles en Syrie. Pire, au delà d'une question qui dépasse la France, c'est ouvrir la boîte de Pandore au niveau national car un précédent fâcheux verrait le jour et mettrait en péril nos institutions, et la Vème République par conséquent qui nous amènerait quelques années après vers le retour de la toute puissance des partis au détriment de l'intérêt supérieur.

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C'est une folie pure ! Une folie provoquée par Barack Obama, Président des Etats-Unis qui s'avère être incapable de trancher, faisant preuve de naiveté déconcertante et qui décrédibilise l'Occident tout en renforçant Bachar Al Assad. Cette folie a des répercussions gravissimes chez nous. Barack Obama veut se faire aimer de son peuple ? La belle affaire... Un chef doit trancher, quitte à prendre le risque d'être impopulaire. Obama s'est laissé embarquer par ceux qui faisaient des rapprochements entre la question Syrienne et la guerre injuste en Irak reposant sur un mensonge.

1) Les preuves, sur cette affaire, sont plus qu'évidentes, même la France l'affirme et l'ONU n'ira peut être pas plus loin que la reconnaissance d'une attaque chimique, mais c'est assez clair. La France, surtout compte tenu de son opposition courageuse contre la guerre en Irak, ferait voler en éclats sa propre crédibilité si elle cautionnait des mensonges, Obama aussi, réputé pour être l'anti-Bush à tous les niveaux.

2) Qui a parlé d'intervention terrestre ? On parle de frappes, et il aurait été absurde que l'Occident veuille soi-même renverser un régime. Mettons de côté le cas Lybien, on sait tous qu'une présence d'une armée étrangère, peu importe ses motifs, serait vue comme une force d'occupation. Les leçons de l'histoire sont nombreuses à ce sujet. Toujours sur ce cas précis, il s'agit de sanctionner l'intolérable, c'est à dire le fait que des dictateurs usent et abusent des armes chimiques contre leur propre peuple, dont des femmes et des enfants. Sinon, c'est la porte ouverte à tout, ce phénomène se multipliera et il n'y aura plus aucune limite. Enfin nous savons que parmi les insurgés, certains ne sont pas fréquentables. Sanctionnons l'acte du 21 août, l'attaque chimique, ni plus ni moins, et c'est ce que veulent les Américains, les Français, les Turcs, les Australiens et la Ligue Arabe, ni plus ni moins.

 

Mais revenons en à la France


Barack Obama a refusé de trancher, rien n'obligeait dans la Constitution Américaine de convoquer le congrès et le faire voter. Sa naiveté lui a pourtant déjà causé du tort. Le monde politique Américain est ce qu'il est, comme dans d'autres démocraties, les intérêts des prennent le pas sur le reste, comme on l'a vu sur la réforme de la couverture maladie où mettre les gens autour d'une table ne produit aucun effet dans la mesure où ils sont déterminés à déranger par pur sectarisme et par pur intérêt personnel le gouvernement en place.

En France, et c'est en rappelant que je suis bien de gauche que je dis cela, le Général de Gaulle nous a laissé un bel héritage en matière de régime politique et des institutions. La Vème République, réduite à une monarchie a bien plus de vertus qu'on ne le pense. Nos institutions ont garanti la stabilité politique, on ne peut pas en dire autant des régimes hyper-parlementaires comme en Italie où les gouvernements fêtant leur 2ème anniversaire d'exercice du pouvoir sont d'une rareté...

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Nous avons eu la IVème République, symbole d'instabilité et d'impuissance. Appelée par de Gaulle "le régime des partis", ce sont ces derniers qui faisaient et défaisaient le gouvernement, lassant le Peuple lui-même car seuls comptaient les intérêts des partis, des alliances qui se faisaient et se brisaient 6 mois après, parfois pour des raisons purement carriéristes chez certains de leurs leaders.

Dans la Vème République, dans des situations d'urgence, le Président a le pouvoir d'agir et de rendre des comptes ensuite. C'est très bien ainsi et cela ne doit pas changer, sauf pour une déclaration de guerre (et non pour des frappes) car l'urgence n'est pas compatible avec le temps parlementaire. De plus, nous avons une classe politique immature, à droite comme à gauche, y compris au centre. Certains parlent pour la Syrie d'un vote avec l'obligation pour le gouvernement d'engager sa responsabilité. Au nom de la démocratie ? Foutaises ! Pour provoquer une crise politique, et c'est totalement irresponsable et immature !

S'il fallait modifier la nature de l'intervention et la prolonger dans le temps, notre constitution prévoit des dispositions précises à ce sujet, comme le vote obligatoire sur cette question.

A la rigueur, j'entends le discours de Jean-François Copé. Le Président doit consulter et informer les partis ? Oui, c'est la moindre des choses. Un débat au Parlement ? Plus que nécessaire. Mais rien ne justifie qu'on aille au delà sur cette question précise et si on va là, demain, quelle sera la prochaine étape ? On affaiblit le pouvoir Présidentiel et on file tout droit vers l'hyper parlement, acte de décès de la Vème République.

Ceux qui préconisent la VIème République ne proposent rien d'autre que la résurrection de la IVème, car c'est l'hyper parlement et le régime des partis par conséquent. Ce n'est pas concevable.

Par ailleurs, on attend d'un Président qu'il tranche, tout en ayant un sens et une vision de l'Etat ainsi que de ses intérêts. Nous savons tous qu'être parlementaire ne fait pas forcément de l'élu un homme d'Etat digne de ce nom. Ne choisissons pas la médiocrité au détriment de ce que nous voulons, c'est à dire l'excellence.

J'ose espérer, en tant que simple citoyen, que François Hollande ne se fera pas piéger sur ces questions.

Enfin, quelle est donc cette manie à droite de toujours réclamer de la gauche ce qu'elle même n'a pas fait ? Nicolas Sarkozy a t'il consulté le vote des parlementaires pour la Lybie ?